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Le diagnostic repose sur la mise en évidence...

Le diagnostic repose sur la mise en évidence de la délétion interstitielle de la bande 17p11.2 (La délétion est la perte d’un fragment d’ADN, pouvant aller d’une seule paire de bases à une fraction importante du chromosome.

Pour un caryotype humain, cette perte de matériel génétique n’est visible qu’à partir d’un minimum 4 000 000 de paires de base. En dessous de cette taille il s’agit d’une microdélétion qui ne peut être mise en évidence qu’en employant certaines techniques comme l’hybridation in situ par fluorescence.Si une microdélétion a lieu lors de la méiose, elle peut être à l’origine de maladie génétique) : celle-ci peut parfois être évoquée, même en l’absence d’orientation clinique, dès le caryotype standard, sur l’aspect plus petit d’un bras court d’un chromosome 17 . Mais elle doit toujours être confirmée par une technique en haute résolution.

Actuellement, l’hybridation in situ permet au mieux de la mettre en évidence, puisque des sondes spécifiques de cette région sont disponibles. L’utilisation d’emblée de cette technique demande à être orientée par la clinique.
Il s’agit le plus souvent d’une délétion d’une taille, de 5 MB mais qui ne concerne pas le locus de PMP22 (responsable de la neuropathie sensitivo motrice I et de la neuropathie tomaculaire).
Cette délétion survient en règle "de novo". Aucun cas familial n’a été rapporté. Cependant la recherche systématique d’anomalies chromosomiques équilibrées chez les parents est préférable.

Une recherche génétique Française a été réalisée en 2004.

Une étude génétique a été réalisée au sein du CHRU Jeanne de Flandre à Lille (59) chez 30 patients atteints du syndrome de Smith-Magenis.Le Docteur Andrieux et son équipe ont étudié la taille de la déletion du chromosome 17 et ainsi chercher la corrélation génotype/phénotype par puce ADN.

Résultats :

Le syndrome de Smith-Magenis (SMS) associe un retard psychomoteur avec des troubles du comportement caractéristiques incluant des troubles du sommeil, et des particularités du visage. Ce syndrome caractérisé en 1986 est associé à une délétion (une perte) chromosomique interstitielle de 3,7 Mb (millions de paires de base) en 17p11.2 (sur le bras court d’un des deux chromosomes 17). Une région critique de 1 Mb a été identifiée contenant 20 gènes exprimés.

La perte d’un exemplaire de l’un d’entre eux, RAI1 (identifié en 2003), semble être responsable des troubles comportementaux ainsi que des caractéristiques craniofaciales et ORL retrouvés dans le SMS avec délétion chromosomique. Grâce à une puce ADN couvrant les 22 Mb du bras court du chromosome 17, nous avons pu mesurer les délétions connues de 30 patients atteints du syndrome de Smith-Magenis avec une résolution moyenne de 300 kb (300 000 paires de base). Trois de ces patients présentaient une délétion plus large, les données de la littérature estiment autour 10% les SMS avec délétion plus large. La corrélation génotype-phénotype (entre les données cliniques et biologiques) a montré que 2 de ces 3 patients présentaient une fente palatine, alors qu’aucun des patients avec une délétion de taille classique (90% des cas) ne présentait de fente palatine. Deux des premiers patients décrits par Smith et Magenis présentaient une fente palatine, l’un des deux présentait une délétion cytogénétiquement plus large que la délétion classique.

A ce jour les études de corrélation génotype-phénotype des patients présentant une délétion inférieure à 1.5 ou supérieure à 9 Mb n’ont pas mis en évidence de variation dans la sévérité du phénotype. La fréquence des fentes palatines dans le SMS peut également être estimée autour de 10% d’après les données de la littérature. La plus petite zone commune des 2 patients SMS présentant une fente palatine est comprise entre 600 kb et 1.6 Mb ce qui donne de 8 à 17 gènes candidats à la jonction 17p11.2-17p12. Une étude de liaison dans une famille présentant un syndrome de van der Woude familial (fente palatine) suggèrent qu’un gène en 17p11.2-11.1 puisse avoir une coresponsabilité en association au gène VWS en 1q32-41 dans la survenue de fentes palatines.

Parmi les gènes candidats, UBB intervient dans la modification de protéines cellulaires par liaison covalente d’ubiquitine et est impliqué dans la progression du cycle cellulaire et la transduction du signal. Il est exprimé fortement durant l’embryogénèse et la perte d’une copie de ce gène semble pouvoir être impliqué dans la survenue de fente palatine.

Dr Joris Andrieux

Laboratoire de Génétique Médicale

Hôpital Jeanne de Flandre

CHRU de Lille

Références :

  • Colley A.F. Leversha M.A., Voullaire L. E. Rogers J. G.Five cases demonstrating the distinctive behavioral features of chromosome deletion 17p11-2 (Smith-Magenis syndrome). J. Paediatr. Child Health 1990, 26, 17-21.
  • Finucane B M., Konar D., Haas-Givler B., Kurtz M.B., Scott C.I. The spasmodic upper-body squeeze : a characteristic behavior in Smith-Magenis syndrome. Dev. Med. Child Neurol, 1994, 36, 70-83.
  • Greenberg F., Lewis R.A., Potocki L. et al. Multi-disciplinary study of Smith-Magenis syndrome (deletion 17p11-2). Am. J. of Med Genet,1996, 62, 247-254.
  • Juyal R.C., Figuera L.E., Hauge X. et al. Molecular analysis of 17p11-2 deletions in 62 Smith-Magenis syndrome patients. Am J. Hum Genet 1996, 58, 998-1007.
  • Moncla A, Livet M.O.,Auger M., Mattéi J.F., Mattéi MG, Giraud F. Smith-Magenis syndrome : a new contiguous gene syndrome. Report of three new cases. J. Med Genet 1991, 28, 627-632.

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Mis à jour le mercredi 21 juin 2017